Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 04:42

Bonjour à tous,

Je reprends un peu mes aventures en Mongolie, après un hiver passé à hiberner… sur ce blog au moins.

 

On peut dire ce que l’on veut, mais, même en Mongolie, on peut facilement tomber dans une certaine routine. Ce n’est pas forcément celle de Paris, c’est celle de UB.

 

Mais ne vous inquiétez pas, deux sujets intéressant devraient arriver d’ici peu. Le premier, sur Tsagaan Sar (la lune blanche), le nouvel an mongol. Le second, sur un superbe voyage que nous avons fait au lac Khövsgöl (je vous laisse ainsi le temps de chercher où il se trouve).

 

En attendant, et maintenant que je vous ai bien mis en appétit, je vais vous parler encore une fois de l’hiver. Il n’est pas encore terminé, mais on sent bien que le plus difficile est passé… quoique.

 

En effet, les Mongols ont horreur du printemps car c’est une période de grand vent. Il peut aussi y avoir des différentiels de températures impressionnants sur une même journée. La pire saison quoi ! J’ai survécu à l’hiver, ce serait trop bête de ne pas voir un nouvel été, alors qu’il approche à grand pas.

 

Alors l’hiver, tout d’abord, pour un gars du nord comme moi, c’est du soleil. On est loin du temps gris lillois, qui reste au dessus de la tête pendant six mois de l’année. Non, ici, c’est grand bleu tous les jours ou presque. Un vrai bonheur.


Enfin, quand je dis grand bleu, ça doit-être partout en Mongolie, sauf à Oulan-Bator. En effet, on aperçoit souvent le soleil derrière un épais nuage de fumée. La pollution est assez impressionnante. La première fois qu’il a fait vraiment froid, et par conséquent que les chauffages tournaient à plein régime, j’ai presque eu du mal à respirer. Maintenant, je ne la sens presque plus.

 

C’est, je pense la chose la plus gênante dans l’hiver à Oulan-Bator. Plus que le froid, la pollution dessèche, prend à la gorge, et doit permettre un petit nettoyage des poumons au charbon mongol. Oui, ici c’est le charbon, le pays est une grande mine de charbon (mais aussi d’or, de cuivre et d’uranium, mais j’y reviendrais peut-être à l’avenir), donc tout fonctionne au charbon. Certains font aussi cramer du pneu pour se réchauffer, mais ça ne reste pas la majorité.


La pollution vient autant des grosses usines que de l’accumulation des gers (yourte en mongol pour ceux qui ne suivent pas) qui s’ajoutent à la circulation des voitures.

Mais comme je vous le disais, le corps s’habitue, même s’il n’est pas impensable que cette acclimatation à la bonne bouffée de pollution ait un coût sur le long terme.

 

Donc, pour fuir cette pollution, et voir d’un peu plus prêt le soleil, j’ai deux possibilités : le travail ou les week-ends. Et bien j’ai du travailler un week-end à la campagne, et là, une belle récompense a été à la clé.

Comme je suis sympa, et que je partage, j’ai emmené des amies se balader pendant que je travaillais. Pourquoi ça a son importance ? Mais pour les preuves pardi, les photos !


Nous avons été témoins d’un phénomène météorologique assez rare. Il y avait le soleil, et deux de ses répliques alignés. Oui, vous me lisez bien, il y avait trois soleils dans le ciel, et un œil averti pouvait même en voir cinq. Il était aussi entouré d’un halo ce qui donnait l’impression d’une cible.

 

Il y avait aussi un arc circumzénithal, qui s’avère être un arc en ciel qui ne touche pas par terre, mais reste perché au zénith.

 

On pourrait me répliquer que j’avais trop bu la veille, mais plutôt que de nier, j’ai des preuves photographiques indéniables, grâce à mes deux touristes.

J’essayerai de les mettre sur le site assez rapidement, car le phénomène vaut vraiment le coup.

 

Plus tard dans la journée, c’est trois raies verticales de lumière qui barraient le ciel, vraiment impressionnant. C’était une belle récompense pour travailler un samedi…

 

Outre le travail, je vais ces derniers temps régulièrement skier. Oui, il y a une station qui vient d’ouvrir à 30 minutes du centre. C’est quand même génial de se dire :

« On fait quoi demain ? »

« Je ne sais pas, rien de prévu. »

« On va au ski ? »

« Vendu »

 

Pour 12€, quatre heures de ski ou snowboard, et une après-midi au grand air. Que demande le peuple ?

 

Alors ce n’est pas non plus Megève, il y a 5 pistes, mais après dix ans dans monter sur les skis, c’est idéal pour reprendre, ou même pour débuter. J’ai d’ailleurs dimanche dernier passé deux heures sur les fesses à essayer de trouver une logique au snowboard.

J’ai abandonné pour reprendre le ski, mais je ne désespère pas d’y arriver à ma prochaine sortie.

 

Le seul danger, et pas des moindres quand on est sur les pistes faciles, c’est les débutants locaux. Quand on apprend par chez nous à freiner et à contrôler un peu dès le début, la mode locale est…

 

On m’a dit en arrivant : Ils conduisent une voiture comme un cheval. Soit.

Et bien je rajoute : Ils font du ski comme ils conduisent une voiture : Tchigire (tout droit), à fond de balle, et, pour s’arrêter c’est soit dans le skieur devant, soit dans les filets, soit la gamelle.

Le style, les bras en l’air, tout droit, et sans aucune maitrise est assez marrant à étudier depuis le télésiège sur lequel on passe, mine de rien, pas mal de temps.

 

Avec ces aventures, j’allais presque oublier le froid. Le froid est mordant, mais très supportable si on est bien couvert (même un -30/-40°C n’est pas si terrible).
En revanche, dès que le vent se lève, ça devient réellement horrible. Le vent souffle depuis la Sibérie et transforme une belle après-midi ensoleillée en un véritable cauchemar.

 

Même avec du très bon matériel, le bonnet ne suffit pas, et il faut rajouter la capuche. Les gants protègent bien mieux les mains quand l’ensemble est dans la poche. Et le tout est bien plus supportable quand on a le vent dans le dos, voir quand on est bien à l’abri dans la voiture ou dans la Ger.

 

Je repensais à Mike Horn qui a fait le tour du cercle polaire à contrevent et à contrecourant… Dans son livre, la température est de 10 à 20°C plus basse qu’ici, mais c’est surtout affronter le vent de face qui relève de l’exploit. C’est en étant confronté à des conditions similaires qu’on peut se rendre compte de la portée de ce défi.

 

Je finirais par parler un peu de la campagne, car l’hiver y est particulièrement rude cette année, et les éleveurs sont confrontés à un phénomène cyclique appelé zuud. C’est l’accumulation d’un été sec et d’un hiver rigoureux qui amène les éleveurs à perdre une grande partie de leurs troupeaux. Actuellement, plus de trois millions de têtes de bétail sont mortes cet hiver (Environ 10% du cheptel).

Le problème est la répartition des pertes selon les provinces, et certains éleveurs ayant tout perdus se retrouvent contraints d’arriver à la capitale.

 

Voilà une courte présentation de l’hiver, mais l’hiver mongol ne se raconte pas, il se vit. Et là, depuis deux jours, la température arrive à repasser péniblement au dessus de 0°C. La glace qui recouvre tout depuis plusieurs mois fond, et on recommence à espérer les deux ou trois petits mois d’été à venir.

Par Tibo - Publié dans : Ulaan-Baatar
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 08:38

Se les geler dans la steppe !

 

Pour une fois, je vais vous parler de mon boulot. Déjà, histoire qu’on ne dise pas que je glande, puis parceque c’est intéressant, au moins de mon point de vue.

 

Donc oui, parlons science. Que ceux que ça ennuie aillent directement à la suite, vous ne raterez rien du voyage.

 

Je travaille dans tout ce qui est sismique, et il se trouve qu’il y a une faille pas loin d’Ulaan-Baatar. Alors, vu la tronche des immeubles, vous imaginez bien qu’un bon tremblement de terre risque d’être terrible pour 40% de la population (dont moi).

Les 60% qui vivent sous la ger (yourte), eux, ils sont peinards de ce côté là.

 

La zone a donc été instrumentée avec pas mal de capteurs pour étudier l’activité de la faille, et le risque sismique. Alors pour le moment, il n’y a pas de quoi s’inquiéter, on reste sur de la très petite magnitude. On ne remarquerait même pas les séismes en étant sur la faille. Mais… il faut mieux suivre son évolution.

 

Le principal souci d’un séisme, et je ne vous apprends rien, c’est que ça pète de façon aléatoire. Contrairement à un volcan, ou une tornade, on peut difficilement évacuer la zone avant. On ne peut que constater les dégâts.

 

Et bien, peut-être pas ! Tout comme on peut prévoir le moment où le chewing-gum va casser quand on l’étire, on étudie la possibilité de prévoir un séisme.
Comment ? Et bien, il y a plusieurs technologies à l’étude, dont la mesure de la quantité d’un gaz rejeté par la terre.


C’est à l’étude, mais si ça fonctionne, c’est banco !

 

Donc voilà, nous sommes partis dans la steppe pour construire trois stations le long de la faille pour essayer de mieux comprendre ce domaine, et, qui sait, peut-être un jour pouvoir prévoir des séismes.

 

En gros, on installe des grands tubes en PVC dans la terre dans lesquels on va mettre une sonde qui mesure la quantité de gaz rejetée. D, donc il nous faut creuser de belles tranchées. La première fois, il devait faire dans les -10°C, jusqu’au -20°C.

La seconde, on a du descendre un peu plus bas.

 

Vous avez déjà essayé de creuser quand il fait si froid ? Ben si c’est le cas, vous avez compris qu’on ne s’est pas amusés à le faire à la pelle !

 

La première difficulté, c’est d’amener la pelleteuse sur les lieux choisis.
Car, il fait froid, donc la neige reste longtemps, particulièrement dans les ornières de la piste sur la steppe.

 

Et un camion qui porte une pelleteuse, ben, comment dire, il ne passe pas aussi bien qu’un 4x4… Ca patine… Donc premier soucis, notre beau camion s’embourbe un peu partout, et il a un léger problème de répartition des charges, si vous voyez ce que je veux dire.

J’essayerai de mettre en ligne la vidéo où notre 4x4 tracte le camion pour le sortir de là où il était dès que je la récupère.

 

 

Donc après avoir mis deux heures pour arriver sur les lieux, on commence à creuser les tranchées. Le soleil est encore haut dans le ciel, on vient de manger un Xuitsae (soupe avec viande, légumes, et aussi de la viande…), bref, on est content de sortir de la voiture pour regarder la pelleteuse faire son boulot, et assembler les tubes pour les poser.

 

Donc on installe le dispositif, et, pour éviter de le flinguer, on rebouche tranquillement à la pelle pour protéger les tubes, avant d’y aller au bulldozer.

Bon, c’est bien, mais ça a mis deux heures pour faire une station, on doit en faire 3 !

 

Vous imaginez bien que, dans ces conditions, on a fini de nuit, chose que je n’avais pas du tout prévue. Puis l’endroit où il nous fallait creuser était sous 5cm de neige. Alors, j’étais bien avec mes petites chaussettes, et les pieds qui commençaient à geler…

Ah, on serait presque mieux dans un bureau !

 

Le pire, dans l’histoire, c’est que je dois y retourner régulièrement.
Donc on est reparti pour la steppe il y a une dizaine de jour, avec pour objectif de faire les premiers essais.

 

Alors forcément, il y a eu deux semaines entre les deux missions, et la neige est passée par là ! Va retrouver des tranchées quand elles sont recouvertes de neige…

A chaque tas de cailloux, on s’arrêtait pour vérifier. Mais c’est bon maintenant, j’ai repéré les lieux. Enfin, comme si on pouvait s’y repérer dans la steppe…

 

Quand il fait vraiment froid (sous les -20°C), il y a des choses qui sont bonnes à savoir :

La batterie de mon satané ordinateur portable a une durée de vie plus que limitée.

Les doigts, quand ils restent sans gants gèlent en moins d’une minute.

Le touchepad de l’ordinateur n’est pas compatible avec des gants (ce qui, avec la remarque du dessus pose rapidement des soucis).

Un doigt foulé (au basket) gèle plus vite que les autres.

Le soleil ne réchauffe pas du tout.

Les cils gèlent (je vous jure), et ça rend les clignements des yeux assez surprenant au début.

 

Bref, on ne s’amuse pas à y rester des plombes. Mais cette fois, avec mon manteau de compet’, et les chaussettes épaisses achetées à Paris, j’étais presque bien. Assez en tout cas pour prendre quelques photos vu de la « montagne » juste au dessus de là où nous étions.


Mine de rien, je ne ferais pas ça tous les jours.

 

Je finirais sur un aparté à propos de la grippe H1N1.
Y’en a marre !!! Cela fait trois semaines qu’on se tape l’état d’urgence. En résumé, tout est fermé après 21h00 (restaurants, bars…). Les marchés viennent d’être réouverts, mais après plus de deux semaines de fermeture. Les écoles réouvrent doucement, mais les primaires sont toujours en vacances forcée. Il n’y a plus de transports publics nationaux (tout est coupé). Mon entrainement de basket a été interdit, car une infirmière à débarqué pour faire appliquer sa loi débile.

Et il y en a encore pour deux semaines !

 

L’état d’urgence, c’est fait, je connais… Maintenant, on pourrait peut-être le lever, non ?

 

PS : J’ai mis la plupart des photos dans un album, car c’est plus rapide qu’au milieu du texte.

Par Tibo - Publié dans : La campagne
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 08:29
Pour revenir dans ma Mongolie natale, je devais une nouvelle fois passer par l’une des villes du trio Moscou, Séoul, Pékin.
 
Bon, Moscou, j’ai directement abandonné l’idée. Me restait Séoul, vous savez, le super aéroport où j’ai passé 12h lors de mon arrivée il y a bientôt 4 mois, mais la frustration de survoler Oulan-Bator, de faire trois heures de vol, d’attendre 3 heures (enfin, ça peut monter jusqu’à 12), puis de refaire 3 heures dans l’autre sens ne m’enchantait guère.

Je me suis dit, vas-y pour Pékin ! La Chine Eternelle, puis au retour, je me prends 1 journée de vacances pour faire UB-Pékin sur la fin du tronçon du transsibérien (30h), visiter la cité interdite et faire mon touriste sur la grande muraille ! Ouais, ça ça me plait, Pékin !

Premier souci, avant même de partir, savoir s’il me faut un visa ou non. Et bien, entre l’agence de voyage, Air France au téléphone, et en face de moi, le site de l’ambassade de Chine et le reste, je me retrouve un peu paumé.
J’ai voulu avoir une réponse définitive à l’ambassade, manque de bol (je le provoque ou pas ?), elle était fermée pour la fête nationale.

Bref, me voilà à Roissy, sans Visa pour la Chine. De toute façon, je ne veux pas y rester, eux ne voudront pas de moi, on va s’entendre, j’en suis sur. Ce qui m’aurait posé problème, ça aurait été de ne pas pouvoir embarquer. Et bien vous ne me croirez pas, mais ça s’est passé tout seul.

 Pas un souci, rien… En ce qui concerne les visas et autres formalités.

Bah ouais, ça aurait été trop beau, alors pour faire vite, j’ai demandé un supplément bagage à mon entreprise (10kg), car je devais ramener un peu de matériel, puis les habits d’esquimaux pour descendre à -40°C, ça pèse un peu plus lourd que des tongs, un maillot de bain et de la crème solaire.

Arrivé au comptoir, ben pas de trace du supplément. Mince, il me faut régler 200€. Ah ouais, mais pour faire simple, j’ai changé de banque, et comme à la sainte époque d’internet et de l’informatique, les transferts ne sont pas instantanés, j’ai 40€ sur mon nouveau compte, et une dizaine de centimes sur mon portable.

J’ai finalement réussi à contacter l’agence de voyage de ma boîte qui s’est dépêchée de me faire un supplément jusqu’à UB. Air France me confirme que mes bagages iront directement à UB sans s’arrêter à Pekin. Je pars donc, soulagé et confiant vers la Chine.

Arrivé à Pékin, tout se passe bien. Il y a même un chinois avec un tableau des correspondances, et mon vol est dessus. Très bien, je n’aurais donc pas à foutre les pieds en Chine pour le moment, je reste en zone internationale.
Je suis la vague débarquant de l’avion jusqu’à un guichet concernant les transferts internationaux : vide. Et merde, le couloir de transit, que je m’attendais à suivre, n’est pas éclairé, et il n’y a pas un chien qui va par là.

Hop, je continue à suivre le mouvement, et me retrouve au contrôle sanitaire (grippe H1N1, vous savez ?) Juste après, c’est la douane. Ouch, je ne le sens pas trop moi le coup de passer la douane Chinoise sans Visa, c’est qu’on est dans un pays où l’administration est forte !

Je demande, on me dit de passer par un guichet où il n’y a personne (celui pour les valises diplomatiques…) Finalement, un coup de tampon et s’est parti, me voilà en Chine, de l’autre côté de la douane. J’ai une paire d’heure à attendre, donc je me dirige pour repasser vers la zone internationale, mais j’ai soudain un doute.

Tant que je ne suis pas loin des tapis roulants, je vais quand même vérifier que mes bagages ne sont pas ici. Air France m’a assuré que mes bagages iraient directement à UB, oui, mais je ne devais pas sortir de la zone internationale…

Finalement, à anticiper les galères, ça devient presque trop facile. 5 minutes après les premiers bagages, je vois mes deux sacs sur le tapis. Ah bien le service Air France ! Heureusement que je n’ai pas eu confiance en eux !

Maintenant, le souci, c’est que je devais réenregistrer mes bagages (et toujours en surpoids, et avec pour toute monnaie 100€ en devise mongole inconvertible, et une carte bleue vide). Ben le surpoids, les chinois s’en foutaient. Par contre, j’ai eu le droit au sac qui sonne, et je ne faisais pas le malin. J’ai fini par comprendre que ça venait des câbles que je transportais pour mon boulot et qui intriguaient l’officier de sécurité.

Tout est bon ! Yahohia (On y va) !

 Me voilà donc dans l’avion, le jour se lève sur Pékin. Quelques minutes plus tard, nous survolons la grande muraille de Chine. Ca valait le coup de passer par Pékin, non ?
Par Tibo - Publié dans : La campagne
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 09:55

Bonjour à tous, cela fait un moment que je n’ai pas donné de nouvelles sur ce blog, et avec pas mal de retard pour certains mails.


Ne vous inquiétez pas, ça continue !

 

La raison de mon silence électronique est simple, j’ai été débordé par le boulot. Pour les indécis qui ne me croient pas, j’ai eu 15 jours à 14-15h00 de boulot (par jour !), ce qui laisse assez peu de temps pour vous narrer mes (més)aventures.


Depuis, je suis passé en France pour une formation, donc il n’y aura pas de nouvelles fraiches tout de suite, mais j’ai un peu de retard à rattraper. Le retour en Mongolie, en passant par la Chine sera pour la prochaine fois, et ce n’est pas une mince affaire, mais j’anticipe.

 

Alors, les ennuis ont continué, je vais continuer à me plaindre un peu, non, ce ne sont pas des vacances, je vous le dit.

Tout d’abord, il y a un jeu qui ressemble aux chaises musicales dans mon appartement. Les joueurs :

Pas d’électricité dans cuisine/salon

Pas d’électricité dans chambre/sanitaires

Pas d’eau chaude

Pas d’eau froide

 

Et il y a trois chaises, maintenant, à moi de choisir ce qui me fait défaut.

 

En résumé, l’électricité a été remise, mais l’eau chaude a été coupée. Alors autant en Inde, j’ai appris à faire sans eau chaude, jamais je n’ai eu à me doucher à l’eau glacée.

L’eau froide en Inde est à température ambiante. Ici, elle vient de je ne sais où, directement du pôle selon mon hypothèse, et la température doit difficilement dépasser les 8°C.

Et bien se laver à une telle température, ça arrache sérieusement les cheveux, et je vous conseille d’essayer (juste pour voir).

 

Donc j’ai mis en place un super système de chauffage à la bouilloire, et en fait, c’est relativement écolo. Ben oui, je me fais trois litres d’eau chaude, que je coupe à l’eau glacée, et je n’ai pas plus. Pas de pommeau de douche, mais une théière !

Enfin, on s’habitue à tout, et j’ai même pris mon petit train-train avec cette méthode révolutionnaire. Je ne dirais pas que je n’ai pas salué comme il se doit le retour de l’eau chaude, et que je ne m’en suis pas aperçu, mais presque.

 

L’eau chaude enfin revenue, c’est le courant qui a sauté dans le salon/cuisine. En résumé, plus de télé (en même temps, je ne passe pas trop de temps devant les chaines russes, chinoises, mongoles ou encore indiennes). Plus non plus de réfrigérateur. Ca tombe bien, il est vide, je mange au resto moi ! Puis maintenant qu’il fait froid, j’ai un balcon-frigo-congélo…

Me faire à manger ? Mais quelle drôle d’idée !

 

Voilà où en est mon appart en ce moment. Mais si ça continue, je vous préviendrais.

 

Pendant la période « eau glacée », j’ai pris la résolution de me couper les cheveux. Ca peut en surprendre plus d’un, mais je suis passé devant, j‘ai vu de la lumière, et je me suis dit : allez, c’est l’occasion !

Oui, alors déjà c’est folklo d’habitude quand on me demande la coupe que je veux, et que je ne sais pas quoi répondre, mais là…

Avec ma centaine de mots en Mongol, dont aucun ne correspond vraiment au vocabulaire du coiffeur (sauf cheveux), et même pas de bouquin avec des coupes classiques...

 

Alors, à peine rentré, déjà les coiffeurs se marrent. Hop, pas le temps de faire marche arrière que je me retrouve au shampoing avec une camisole qui est à la limite de m’étouffer.

Deux minutes plus tard, je suis sur le billard, en essayant d’expliquer que je souhaite les couper, mais pas trop.

Clic, clac, clic, clac.

Fiouh, 3 minutes de passées, et j’ai une tronche de Beatles, c’est mal parti.

Clic, clac, clic, clac

Hop, deux minutes de plus, et c’est pas mal !

Comme quoi, le meilleur moyen de ne pas être déçu du coiffeur (et même plutôt content), c’est de ne pas lui expliquer ce qu’on veut, ou avec des gestes et pas des mots.

Bilan : 15 minutes pour une coupe pas trop mal, le tout pour 3€.

 

C’est pas le tout, mais revenons au travail, j’ai pas chômé (comment ça j’insiste ?).

J’ai pris un vol intérieur pour mon boulot, et ça vaut le coup.

Alors déjà, il faut sacrément le vouloir car avec ma chance, on va finir par dire que je le provoque, deux jours avant le départ, il y a un souci sur un aéroport paumé je ne sais où où on devait faire une escale, et le vol aller est annulé.

Plutôt que de prendre la compagnie de service publique, nous voilà donc sur Ezinis, où, par chance cette fois, il restait 2 places.

 

Nous voilà donc au contrôle avant de prendre l’avion. Là, il y a un petit vieux qui passe avec nous, déjà, je me dis méfiance. Il a des bottes de cowboys, un grand drap bleu qui descend jusqu’aux pieds, une ceinture orange et un chapeau de cowboy (l’habit traditionnel Mongol quoi). Hop, sous le portail électrique, il sonne!

Je le savais, lui, je ne le veux pas dans mon avion !

Arrive une petite minette avec son détecteur portatif. Elle le ballade un peu partout autour, et il sonne… un peu partout. Je me dis, lui, il ne monte pas. Ben si. Et dans mon avion en plus…

Tout ça pour dire qu’on lésine avec la sécurité en Mongolie.

 

En même temps, le terroriste qui fait péter un Saab 340B, avion à hélice d’une trentaine de place, sur une ville où il y a moins d’une centaine de baraque en dur, il ne va pas faire un coup médiatique terrible. Finalement, je l’accepte le petit vieux !

 

D’autres anecdotes sont cocasses, comme la vieille balance à aiguille pour peser les bagages avant de partir, le fait qu’on te donne tes bagages personnellement à l’arrivée (pas de tapis roulant pour 30 personnes), ou encore la navette pour aller de l’avion à l’aéroport qui est… inexistante, et tu te retrouves à te balader sur la piste de l’aéroport protégé par… des barbelés.

 

Je ne parlerais pas trop de mon séjour là bas car si c’est un beau coin, j’ai eu trop de boulot pour vraiment en profiter.

 

J’ai tout de même un dernier truc à dire sur ce voyage : Je ne pensais pas, mais il m’arrive d’avoir une sacrée tête de pigeon. Alors j’ai du aller dans un hôtel, je vous passe les détails inintéressant comme l’absence d’eau chaude, voir d’eau tout court, pour en venir au fait marquant.

 

Au moment de payer, JC et moi payons notre part. On reste à discuter, et deux minutes plus tard, la personne de l’accueil revient, et nous dit qu’on a oublié 20 000 T (10€). Je suis sur de moi, JC aussi, on lui explique.

Une minute encore et elle revient avec la patronne, même cinéma.

On lui explique que c’est quand même un peu facile de prendre l’argent, le compter derrière une porte, perdre accidentellement 20 000 T dans sa poche et revenir.

Apparemment, j’apprendrais peu après que c’est une pratique courante. Du pigeon, je n’en ai que la tête… pour le moment en tout cas !

 

Bayarta, et bienvenue au cœur de l’hiver Mongol.

 

PS: Je mettrais quelques photos de l'ouest dans la semaine, dont la super Jeep Russe du centre.

Je veux la même!!

Par Tibo - Publié dans : Divers
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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /Août /2009 03:29

Salam alekum! Euh non, Saïnu!

 

J'ai été un petit peu lent à la détente, mais c'est que le dernier week-end a été assez chargé (et pas niveau boulot) et que cette semaine a été plutôt chargée (côté boulot cette fois).

 

Reprenons, nous sommes jeudi 13 août 2009, il va être 14h00, on est cinq dans une jeep prêts à se taper les 550 bornes entre UB et Dalandzadgar.

Prévoyant comme je suis, j'ai fait la fête avec Nicolas et d'autres pour la dernière fois avant son départ de Mongolie en me disant: 'Tu dormiras dans la Jeep' Mouais, optimiste.

 

Des trajets interminables, j'en ai fait, en Inde notamment et dans un confort bien plus sommaire (vieux bus moisi), et je me pensais assez rodé. En fait, des deux côté il y a l'usure qui entame le moral, mais la Mongolie est plus perverse, ou alors c'est moi qui ai vieilli et qui devient douillet.


La moyenne doit être sensiblement la même (allez, mettons 40-50 km/h) avec un avantage de 10km/h pour la Mongolie je dirais. On n’a pas l'impression de se trainer tant que ça en instantané.

 

En Inde, ou au moins dans l'Himalaya où j'ai fait beaucoup de mes grands trajets, on a un objectif: Le prochain col. Il y a 21 virages, c'est marqué en bas, ils arrivent au compte goutte, mais tant bien que mal après une ou deux heures, le col est là. La montée se termine, vient la descente, le paysage change et on a l'impression d'avancer. Une vallée, un virage, une région amène son lot de couleur, d'odeur, de religion et de diversité. On croise des villages, on voit la vie.

 

La Mongolie, c'est l'éternel horizon. Assez vite après Ulaan-Baatar, le paysage s'aplanit, et là, plus de repaire possible. Pas d'échéance, rien pour se dire qu'on avance!

Le paysage ne change pas, on croise peu de voitures, peu de villages, peu de routes, peu de vie quoi. Après deux heures, on se dit que si, on a avancé. Le paysage est un peu moins vert, à peine plus vallonné, il y a moins de yourtes autour de nous, on aperçoit un groupe de chameaux toutes les 30 minutes et non plus des chevaux.

 

Mais c'est long! C'est monotone! Et en même temps, quand on s'arrête, on a l'impression d'être au milieu de nulle part, avec le fameux vent des steppes dans les cheveux. On mange un Rouchour (ХУУШУУР) froid, et on repart.

 

Vous comprenez donc qu'un voyage de ce genre n'est pas de tout repos, et malgré mon peu de sommeil de la nuit, je ne pouvais faire bien mieux que de dormir le temps d'un cahot et de me cogner contre la vitre.

 

On a du arriver vers 0h00-1h00, le temps de se perdre dans Dalandzadgar, car je n'étais pas le premier novice à y mettre les pieds. Ah oui, petite précision, on est arrivé sous l'averse.

Alors là c'est décidé je me plains!

Meeeeeeeeeeerrrrrrrrrrrrrrrddddddddddddeeeeeeeeeeeeeeeeee!!

 

Pour remettre dans le contexte, on est dans le Gobi, l'un des endroits les plus arides sur terre, et je suis foutu de me payer une drache (j'aurais même le droit à une deuxième le lendemain). Tout le monde est content, normal c'est la première fois de l'année qu'il pleut. Ouah, la chance!


Je vais finir par me faire sorcier, et gagner un max en me baladant dans des coins super secs pour attirer la pluie sur ma tronche. J'avais déjà eu le cas au Ladakh, en Andalousie, bref, j'ai trouvé le moyen de faire fortune.

Par contre, je peux rêver pour aller prendre des vacances ou trouver ma place au soleil...

 

Donc on s'abrite de cette foutue pluie sous la yourte, on prend un repas léger et au dodo.

 

Le lendemain, il s'agissait en fait du 40e anniversaire du centre, donc ce n'était pas à proprement parler du travail, et si j'en ai tout de même eu un peu, je ne m'appesantirais pas dessus.

 

Petit dej: Croissants, café et jus d'orange.

Comment ça, vous ne me croyez pas?

Bon d'accord, c'était thé, viande, riz, sauce, légumes et sandwich au Salami (j'en connais un qui aurait été heureux, du salami au petit dej!). Alors j'avoue que j'avais déjà fait chapati/lentilles, mais là c'est assez violent. Enfin, tu as de quoi tenir ta journée avec.

 

Cette journée d'ailleurs n'était pas passionnante pour moi, vu que mon niveau de mongol ne me permettait pas vraiment de participer à la fête. J'étais quand même là en Guest star.

J'ai eu le droit, à mon grand désarroi, au lait de jument, et ce à plusieurs reprises. J'ai beau insister, non, je n'arrive pas à m'y faire, essayez, vous verrez.

Pareil, on me propose des genres de sucreries, j'en prends pour gouter, pour passer le goût, et paf, c'est fait avec du lait de jument. Pas moyen d'esquiver ce goût très particulier...

 

Il y a eu une remise de cadeaux, et un petit spectacle, je ne m'étendrais pas sur le sujet car je n'ai pas tout a fait tout suivi. Le contrecoup des deux jours sans beaucoup de sommeil peut-être.

 

Alors le soir, il y avait un grand repas Mongol, très copieux. Quand je disais être la guest star, c'est en fait à moitié faux. Car les convenances font qu'on est placé par importance. Pas de table ronde ici. Je me suis donc retrouvé à la première place près du bout de table. A la gauche du roi!

C'était vraiment un honneur pour moi d'être aussi bien placé, même si, plus pragmatique, j'aurais préféré être à côté de Pujé, le chauffeur avec qui je m'entends bien (et qui en tant que pas VIP était à l'autre bout de la table).

 

Le repas à base de mouton, de bière et de Vodka, normal. Il y a une tradition (après deux ou trois toast où tu dois boire à la Russe), c'est qu'on rempli un verre de vodka de Züu gram (100g, 10cl), celui qui le tiens doit chanter une chanson et le boire d'un trait.

 

Zü gram, ça fait pas mal hein! C'est pas de la flotte qu'on te demande de boire. Bon, dans la pratique, on est pas obligé de tout boire, et j'ai appris les moyens d'esquiver quand on te propose un verre. C'est des réflexes à apprendre vite sous peine de rouler sous la table avant le plat principal.


Mon tour est arrivé, bien sur, et ne voulant pas faire un bide avec une chanson que personne n'aurait repris en chœur, j'ai récité un petit poème français, bu une partie de mon verre sous les regards amusés, enthousiastes, et un peu troublés par l'alcool des Mongols de la table.

 

La nuit a été parfaitement claire, et c'est vraiment un moment magique. En plus, on était à la période  de la nuit des étoiles filantes, et il en pleuvait littéralement. J'ai fait un bon stock de vœux!

Par contre, il y avait tellement d'étoiles, que les constellations que je trouve d'habitude au premier coup d'œil étaient perdues dans la multitude. Le triangle d'été, qui ressort si fort dans l'hémisphère nord était noyé dans le nombre des étoiles anonymes qui s'expriment en plein milieu du désert. Si le sol est désert, la nuit en revanche est plus que féconde.

 

Le lendemain, nous sommes samedi donc, tous les fêtards de la veille se donnent rendez-vous pour partir à la campagne. Après quelques kilomètres, je vois mes premiers mirages!

J'ai fait un essai de photo qui est dans l'album, mais ce n'est pas exceptionnel.

 

Bref, on est allé dans une Oasis en plein désert. Il y pousse des tomates, des concombres, du tournesol, du maïs, des pastèques! En plein désert!

Et les tomates, ben elles ont plus de goût que les espagnoles ou que les belges hein. Miam, rien ne vaut une bonne tomate du Gobi.

J'ai essayé de montrer un peu ça sur certaines photos, le petit carré vert au milieu de l'immensité du désert.

 

Ensuite, nous sommes allé dans les montagnes pas loin de Dalandzadgad, en passant par le petit musée du Gobi. Il y présente les animaux qu'on peut y trouver: Vautour barbu, chameau sauvage, cheval sauvage, léopard des neiges...

Il y avait aussi quelques œufs de dinosaures trouvés dans le Gobi.

Une petite boutique avec les prix en $. Bah oui, on est en plein sur un circuit touristique! (Enfin, ça reste relatif, car on n’a pas croisé plus de dix voitures de touristes).

 

Juste en continuant après le musée, il y a moyen de suivre un petit cours d'eau qui s'enfonce dans la montagne. En arrivant au bout, il y a d'énormes gorges, et toujours ce petit filet d'eau.

Il y a quelques années, l'été il y avait de la glace dans ces gorges, en plein Gobi!

Maintenant, on peut en trouver fin juin, début juillet mais pas plus tard.

 

Arrivé là, il y avait un petit chemin qui montait, pour ceux qui me connaissent, vous devinez que je  n'ai pu m'empêcher d'y grimper, en n'étant suivi que par un courageux. De là, une belle petite vue. Ce bloc de montagnes semble avoir été posé là au milieu de la steppe uniformément droite et plate.

 

En revenant pas loin des jeeps, on a mangé un mouton bouilli (ils font rentrer un mouton entier dans une marmite de 60/30/30 cm, le font cuire avec 3 patates, 2 carottes et des galets.

Ben mon vieux, c'est fameux, et c'est autre chose que le lait de jument!

Il y a toujours de la Vodka qui tourne, mais maintenant, je sais esquiver, et hop.

 

Sur ce, un monsieur qui fait monter des chameaux aux touristes du coin reviens chez lui. On lui propose un bout de mouton et paf, certains enfants de mes collègues ont le droit de monter dessus. Puis j'ai eu beau me faire petit (avec difficulté), ils ont insisté pour que je monte un chameau.

 

Me voilà le roi du Gobi, bien calé entre les deux bosses de ma sale bête à faire un petit tour sous les rires de tout le monde. Hop, photo de groupe (celle que j'ai est malheureusement floue), et voilà que je dois déjà descendre de mon noble destrier.

 

La nuit est plutôt difficile pour moi, toutes mes forces se concentrent sur la digestion. Avec un peu de fièvre et un petit poids sur le bide, je passe une mauvaise nuit.

 

Pourquoi je dis ça? Mais simplement car j'ai du mal à accepter, autant qu'à refuser le 'frugal' petit dej avec plein de viande et de sauce avant les 500 km du retour.

 

Mais voilà déjà l'heure du départ qui approche. On se retrouve tous à quelques kilomètres de Dalandzadgad, au milieu de la steppe pour... Boire à notre séparation...

Hop, on descend la bouteille, on s'embrasse, on reprend les photos et c'est parti.

 

Je ne fais pas trop le malin dans la voiture, mais on avance à un bon rythme, quand je commence à m'endormir vlam. Un grand coup de volant suivi d'un freinage brutal. Quoi? On n’a pas percuté une biche ici quand même!

 

Non, on est juste à plat. La 2e jeep arrive, on change la roue, tout se passe très bien. En toute innocence, je demande à Pujé: 'Et si une autre roue claque'.

Réponse, en gros: 'Là c'est la merde'

 

Bon, je vous le donne en mille, une heure plus tard, vlan!

Eclatée!

La roue qu'on venait de changer!

 

Alors, pour ne pas passer pour un con, il ne faut pas avoir ses réflexes de bon français:

-         Il n'y a pas de bornes tous les kilomètres pour appeler la dépanneuse

-         Il n'y a pas énormément de passage

-         Il n'y a pas de dépanneuse

-         Il n'y a pas de réseau téléphonique, et le prochain bled ou on peut changer la roue est à 35 bornes.

 

En fait, on a une chambre à air dans le coffre. Donc là, il faut démonter le Pneu de la jante, passer la chambre à air, et la gonfler. Pas de bol, on n’a pas de pompe.

Heureusement, il y a un Ger camp (3-4 yourtes) à 2 km.

Je profite d'ailleurs de l'intermède pour dire que le logement traditionnel Mongol est une Gèr et pas une yourte. Yourte est le mot Russe. Ca, c'est pour la culture, et c'est toujours bon à caser dans les diners mondains.

 

Bref, avec mon bide que je voulais ménager, je me retrouve à manger des Tsuivans (ЦУЙВАН), boire du thé en attendant qu'on trouve une pompe et qu'on puisse repartir.

 

35km plus tard, on achète des pneus de rechanges, au cas où...

2 jeeps, et trois crevaisons, c'est pas mal non?

Il n'y en aura heureusement plus d'autre durant le trajet de retour.

 

Là, le schéma que j'ai énoncé reprend: monotonie, désert, steppe, vent, pause, steppe,  vallon, steppe, désert, désert...

Le coucher de soleil sur la steppe est magnifique. C'est comme un coucher sur la mer, mais une mer faite de caillasse, d'un peu de verdure et de désert. Mais ce coucher de soleil annonce la nuit.

Et la nuit, c'est encore pire. On n’a aucun point à l'horizon pour fixer le regard. Pas une lumière, pas une ville, rien.


De temps en temps une voiture qu'on a vite fait de croiser. Mais pour le reste, c'est un instant du trajet infiniment renouvelé.

 

Pour finir en reprenant Coluche, je dirais ceci:

La steppe, c'est une escroquerie, n'y allez pas. Il n'y a rien à voir, c'est plat, c'est désert, y'a pas une mob, pas un troquet.

Achetez-vous deux cartes postales et épargnez-vous bien des tracas.

 

Bayarta!

 

PS: j'ai rajouté de nouvelles photos

Par Tibo - Publié dans : La campagne
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