Sain bai-na uu !
Pour parler de Mongolie, autant commencer par un petit bonjour en Mongol, non?
Avant d’aller plus loin, je vais faire une petite mise au point. Je ne parlerais pas ici de mon travail, non que je n’en ai pas, mais pour au moins deux raisons :
- Je n’en ai pas le droit
- En venant ici, vous avez certainement envie de ne pas penser au boulot (si vous y êtes, d’ailleurs ce n’est pas bien de passer son temps de travail sur Internet !).
On est donc d’accord ? Alors c’est parti.
Aujourd’hui, je vais parler des premières démarches administratives que j’ai eu à faire pour pouvoir travailler en Mongolie, ou trouver un logement.
C’est typiquement ce qui est ennuyeux en France, mais finalement à raconter, ça peut être intéressant et significatif de la vie en Mongolie.
Premier point, trouver un logement. Alors de loin, on ne connaît pas particulièrement la conjoncture en ce qui concerne le logement à UB. Elle est très bonne pour les locataires. Ici, si crise du logement il y a, c’est qu’il y en a trop.
Beaucoup ont spéculé sur le logement, résultat il y a plus de logement que d’habitants et pas mal de chantiers qui traînent et sont à l’arrêt. Alors quand les propriétaires voient débarquer un jeune français, ils voient la liasse de dollars sur patte et ne demandent pas autant de garanties que pour une studette miteuse à Paris.
Pour le logement, il y a en gros 3 catégories :
- Le très bas budget : Appartement miteux, petit, sale…
- Le bas budget (300 – 500$): Appartement dans une vieille tour de l’époque où l’URSS était plus que présente dans la région.
- Le haut budget (>800$/mois) : Appartement meublé et équipé à l’européenne.
Je me suis donc orienté vers le second choix. Le premier n’était pas envisageable, car je suis sensé rester au moins un an. Le troisième assez peu réaliste au niveau finance, distance par rapport au lieu de travail et ma conception de vivre un minimum dans un quartier mongol.
J’ai donc visité les appartements avec Nicolas et Moogie, une mongole du RCAG. En fait, c’est vraiment indispensable, car comme les propriétaires ne parlent pas forcément anglais,
je vous laisse imaginer le bordel.
Alors qu'en temps habituel les contrats sont fait plutôt en se toppant dans la main, ou sur une vieille feuille d'imprimante, ma propriétaire a insiste pour passer chez le notaire.
Seulement, le notaire est assez scrupuleux (Et on a eu beau en faire 3-4, c'est pareil), il demandait la présence du mari, copropriétaire de l'appartement.
Petit souci, son mari est dans les steppes, je ne sais pas trop où. Il a donne son accord par téléphone (Normal, il trouve un locataire), mais ca ne suffit pas pour le notaire.
Résultat, le contrat est signé mais non valable jusqu'a ce que le mari se pointe.
Le 3e a été ‘le bon’, enfin celui que j’ai pris. Je vous fait visiter ?
Alors première chose, comme j’ai pu vous le dire, j’ai choisi la 2e catégorie, soit ‘vieille tour à la Russe’. Synonyme de je crèche au 8e étage
d’une vielle tour délabrée, enfin voyez plutôt, suivez moi et montez l’escalier :
Après une première porte d’entrée donnant accès à deux appartements, tournez à droite et entrez (Vous remarquerez une deuxième porte derrière la porte verte entrouverte).
On arrive donc dans l’entrée. Enlevez vos chaussure, il y a de la moquette, du lino, des tapis, enfin out ce qu’on peut imaginer trouver.
Au fond, le salon qui donne accès sur un balcon.
Je vous fais visiter aussi la salle de bain, les toilettes et la cuisine :
Enfin, veuillez entrer dans le joyau de la maison, la chambre :
Si vous êtes observateurs, vous y verrez :
- Des tapis au mur
- Un portrait de l’homme du millénaire : Chinggis Khan.
- Des lits de 1m80 fermés des deux côtés
- Des plumes de paon
- Une pièce globalement assez moche à mon goût, mais du plus pur style Mongol. Hmmm, faut s’y faire.
Alors la surprise cachée qu’on ne voit pas, une fois les matelas posés au sol (oui, je ne vais pas dormir dans ces lits à moins de me plier en quatre), c’est qu’ils sont aussi efficaces que Chinggis sans son cheval.
Je dormirais sur une planche de bois ou directement sur le sol, ça ne changerait pas grand-chose. D’ailleurs, je risque probablement de m’acheter un lit digne de ce nom d’ici assez peu de temps.
Les chaises, le canapé et autres meubles connus pour être confortables ne le sont pas du tout ici, mais il faut croire que dans la steppe après trois jours de cheval, rien de mieux qu’une bonne planche de bois bien dur pour se remettre.
Avant de vous laisser j’entends déjà les commentaires : ‘Qu’est-ce qui nous prouve que tu es bien en Mongolie ? Il t’a suffit de prendre un appart kitch dans un vieux bâtiments années 60 et voilà’.
Je vous ai dit que j’avais un balcon, non ? La vue suffira à dissiper vos doutes, du moins je l’espère.
Vous voyez, une Yourte !!!
Bienvenue en Mongolie !