Saïnu !
Bon, comme je ne sais pas exactement quoi raconter, je vais commencer par des petites rectifications, ou des compléments sur ce que j’ai pu dire.
- Commençons sérieusement : Au niveau du logement :
Le fait qu’il y ait beaucoup de logements par rapport au nombre d’habitants n’enlève rien au fait qu’un grand nombre de personnes sont très mal logées.
En repensant à ce que j’ai écrit, on peut croire qu’à UB, tout le monde a un logement en dur.
Ce n’est absolument pas le cas.
Il y a énormément de Mongols qui n’ont pas les moyens de se payer un logement et qui vivent dans des quartiers de yourtes. C’est un genre de bidonville qui n’est pas fait de tôles
mais de yourtes. Ils sont semi-nomades pour certains, ou même sédentaires, et habitent partout à la périphérie de UB.
Même si le gouvernement tente de prendre des mesures, il faut savoir que ça existe et que le phénomène n’est pas négligeable. J’ai vu ces quartiers de loin uniquement pour le
moment.
Je ne suis pas expert dans ce qui amène des gens à venir ici, mais une bonne partie seraient d’anciens nomades ayant perdus leurs troupeaux. Ils se retrouvent sans autres choix que celui de venir
s’agglutiner à UB pour tenter de trouver un travail, mais ce n’est pas une chose très facile. Imaginez la différence entre une vie de traditionnelle de nomade dans l’immensité de la steppe (aussi
dure soit-elle) et une survie dans un empilement de yourtes dans la ‘banlieue’ d’une ville.
Malgré ça, contrairement à l’Inde, il n’y a pas (ou très peu) de mendicité. A l’occasion, je tenterais de dresser quelques différences, et elles sont vraiment nombreuses.
L’un des soucis (outre la vie qui n’est pas tip top dans ce genre de quartiers) qui se pose est celui des inondations. Même si la Mongolie est en général assez aride, il y a en
été des orages relativement violents.
Je m’en suis pris deux la semaine dernière, et ce ne sont en fait que de gros orages avec pas mal de grêle pour ceux que j’ai eu. Si en France, ça ne ferait pas plus qu’une alerte
orange, ici, ça pose de gros problèmes d’évacuation.
Le centre ville n’a pas du tout été bien pensé à ce niveau, et on se retrouve avec des quartiers avec 50 cm d’eau (voir plus) sur les axes principaux. Si le
centre ville est si mal foutu, je vous laisse imaginer ce que vivent les gens qui ont posé leur yourte au petit bonheur la chance.
Le jour où je suis arrivé (le retard était du au mauvais temps), une vingtaine de personnes sont mortes à causes de la pluie.
Maintenant que cette rectification, assez sérieuse, a été faite, je peux rajouter quelques petites anecdotes, un peu plus détendantes.
Revenons à nos notaires. Hmmm… je ne crois pas connaître de notaires mais si certains passent par ici, je n’ai rien contre eux (Je n’avais d’ailleurs jamais eu affaire à eux).
C’est juste que par chez nous, notaire est associé avec escro… hmm, non respectable, notable, le gars un peu classe quoi.
Il a une plaque dorée comme les médecins devant son cabinet, il faut prendre rendez-vous, et je ne me vois pas rentrer dans la pièce en disant ‘salut mon pote, j’ai besoin d’un
acte’…
Ici, je l’ai déjà dit il me semble, il suffit de passer, de doubler tout le monde (Un trait de comportement caractéristique des Mongols : je double tout le monde et toi tu
dégages) et de demander ce qu’on veut.
Là ou le respect fout le camp, c’est quand la plaque Notaire dans la rue (Je prendrais une photo pour prouver mes dires) ressemble plus à une pancarte de Kebab.
Là où il disparaît, c’est quand sur l’affiche de Kebab, il y a marqué ‘Canon’ synonyme de scanner. Et oui, nos bons vieux notaires Mongols arrondissent leur fin de mois en
proposant les services de leurs scanners. Sans rancune !
Pendant que je suis dans les nouvelles technologies, je vais vous parler du photomaton. Vous savez, cet appareil pour prendre les photos d’identités pour le passeport, et autres
documents officiels.
Et bien pour les différentes démarches que j’ai à faire (dont le prolongement de mon visa : merde, pas de nouvelles), j’ai eu besoin de ces magnifiques photos.
Alors Nicolas m’a emmené à un photomaton super. Il fait un bon 25m².
Tu t’assois devant un grand drap crade, mais crade (limite ils devraient l’utiliser dans une pub pour la lessive) et là, je me suis dit, c’est pas gagné.
La fille arrive devant toi avec son appareil numérique, elle te remet les épaules bien droites, le regard fixé vers l’objectif. Forcément, la première fois, ça fait marrer, et
ceux qui peuvent râler car je ne souris pas sur les photos ont des leçons à prendre. Elle du premier coup elle a eu un beau sourire (et je vous vois venir, c’est pour sa façon de faire, pas pour
essayer de la draguer, non mais…)
Clic, la photo est dans la boite, maintenant laissez faire l’artiste.
Démarrer/Programmes/Adobe/Photoshop (Licence douteuse évidemment).
Et là, à coup de tampons, baguette magique et autre filtres, la demoiselle a :
- Remplacé le drap gris par un beau fond blanc.
- M’a coupé les cheveux (si, elle a osé me virer des mèches qui ne lui
plaisaient pas !!)
- M’a raccourci le cou, et m’a redressé la tête.
- M’a foncé les cheveux, car je suis pas assez brun à son goût.
- A atténué mes cernes et viré mes boutons.
Clic, photo non contractuelle.
Voilà les deux séries prises à deux jours d’intervalle. Les photos ont été demandées aux mêmes dimensions. Cherchez les erreurs !
Pour finir, et là c’est juste pour vous faire baver d’envie, je suis sorti de UB mardi pour aller un peu à la campagne. Enfin campagne, c’est comme dire qu’on est à la campagne quand on habite
Rambouillet, c’est de la campagne à parisiens (enfin à UBiens).
Malgré cela, c’est un paysage qui semble se répéter à perte de vue. Comme des grandes collines vertes sur un fond bleu qui se multiplient et qui semble ne pas finir. Il y a
quelques troupeaux de moutons et chèvres, des Mongols sur leurs chevaux et des yourtes. C’est déjà plus ce qu’on imagine de la Mongolie, la steppe à l’infini dans toutes les directions.
Ca donne envie de s’y plonger, mais non, c’est juste pour le plaisir des yeux pour le moment.
Pourtant, on est qu’à 50 km de UB… Dire que je vais devoir traverser tout ça, pour le boulot…
Les photos viendront, mais je n’ai pas pris l’appareil aujourd’hui. Ne vous inquiétez pas, je suis amené à me déplacer fréquemment à cet endroit.
Vous m’avouerez que c’est quand même un cadre bien sympathique pour travailler.